Se protéger et soigner les piqûres
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Qu’est-ce que le chikungunya
Le chikungunya est une maladie virale transmise par des moustiques du genre Aedes. Son nom vient du mot makondé signifiant « celui qui marche courbé », en référence à la posture provoquée par les douleurs articulaires intenses qui caractérisent la maladie. Le virus appartient à la famille des Togaviridae, genre Alphavirus.
En France métropolitaine, le chikungunya reste principalement une maladie importée par des voyageurs revenant de zones endémiques (Réunion, Mayotte, Antilles, Afrique subsaharienne, Asie du Sud-Est). Des cas de transmission locale ont cependant été documentés, notamment dans le Var en 2010, dans le Languedoc en 2014 et en Île-de-France plus récemment, toujours liés à la présence du moustique tigre.
Symptômes : ce qui distingue le chikungunya
La signature clinique du chikungunya est l’arthralgie intense et symétrique, qui touche préférentiellement les petites articulations (chevilles, poignets, doigts). Elle peut être si sévère qu’elle empêche la marche et persiste des semaines à des mois après la guérison virologique. C’est ce qui distingue le chikungunya de la dengue, avec laquelle il peut être confondu en début d’infection.
| Symptôme | Chikungunya | Dengue |
|---|---|---|
| Fièvre | Brutale, 39-40°C | Brutale, 39-40°C |
| Douleurs articulaires | Très intenses, invalidantes | Présentes mais moins marquées |
| Douleurs musculaires | Modérées | Intenses (« fièvre brisante ») |
| Rash cutané | Fréquent (macules roses) | Fréquent |
| Hémorragies | Rares | Possibles (formes sévères) |
| Durée phase aiguë | 7-10 jours | 5-7 jours |
| Douleurs chroniques | Fréquentes (semaines à mois) | Rares |
Incubation et durée de la maladie
La période d’incubation est de 2 à 12 jours après la piqûre infectante (médiane : 3 à 7 jours). La phase aiguë dure généralement 7 à 10 jours. La particularité du chikungunya est la fréquence des formes chroniques : 30 à 60 % des patients décrivent des douleurs articulaires persistantes plusieurs mois après l’infection aiguë, et dans 5 à 10 % des cas ces douleurs durent plus d’un an.
Traitement disponible
Il n’existe pas de traitement antiviral spécifique contre le chikungunya. La prise en charge est symptomatique :
- Fièvre et douleurs : paracétamol en première intention. L’ibuprofène et l’aspirine sont à éviter en phase aiguë (risque hémorragique en cas de co-infection dengue, et possible aggravation des symptômes).
- Douleurs articulaires persistantes : anti-inflammatoires non stéroïdiens peuvent être introduits après la phase aiguë (avis médical requis), voire corticoïdes à faible dose dans les formes chroniques sévères.
- Rééducation : kinésithérapie pour les formes articulaires chroniques invalidantes.
Un vaccin contre le chikungunya (Ixchiq, vaccin vivant atténué) a reçu une autorisation de mise sur le marché aux États-Unis en 2023 et est en cours d’évaluation en Europe. Il n’est pas encore disponible en France en accès général en 2026. Consultez votre médecin ou un centre de vaccinations internationales pour les informations les plus récentes.
Prévention en France : le rôle du moustique tigre
En France métropolitaine, le seul vecteur compétent pour le chikungunya est le moustique tigre (Aedes albopictus). La prévention passe donc par les mêmes gestes que pour toute la lutte anti-moustique tigre : suppression des gîtes larvaires, répulsifs cutanés lors des expositions, moustiquaire.
Si vous revenez d’une zone d’épidémie de chikungunya avec de la fièvre, consultez rapidement et protégez-vous des piqûres pendant la semaine suivant l’apparition des symptômes (période de virémie) pour ne pas alimenter une transmission locale.
Populations à risque de formes sévères
Les formes sévères sont rares mais surviennent plus fréquemment chez les nouveau-nés infectés en période périnatale (transmission mère-enfant lors de l’accouchement si la mère est virémique), les personnes de plus de 65 ans et les personnes souffrant de maladies chroniques préexistantes (diabète, insuffisance cardiaque, pathologies rhumatismales).
Pour aller plus loin
- Moustiques et santé : maladies transmises, risques et prévention
- Dengue en France 2026 : symptômes, cas et que faire
- Moustique tigre : guide complet identification, maladies et protection
Sources : Santé publique France, OMS, ECDC, Institut Pasteur, Haut Conseil de la Santé Publique (HCSP).