Pourquoi les moustiques piquent certaines personnes ?

NOTRE CHOIXNeutralise les signaux attractifs
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Une question récurrente : pourquoi moi plus que les autres ?

Autour d’un barbecue d’été, il y a toujours quelqu’un qui rentre indemne et quelqu’un qui compte ses piqûres. Ce n’est pas une question de hasard ni de peau fine : les moustiques choisissent leurs victimes avec une précision biochimique remarquable. Les mécanismes sont désormais bien documentés par la recherche entomologique.

Le dioxyde de carbone : l’attractant à longue distance

Le CO2 expiré est le premier signal que les moustiques détectent, jusqu’à 50 mètres de distance pour certaines espèces. L’organe de Johnston et les palpes maxillaires des femelles moustiques sont équipés de récepteurs spécifiques (protéines Gr21a et Gr63a chez Drosophila, récepteurs homologues chez les moustiques) qui réagissent au moindre gradient de CO2.

Les personnes qui produisent davantage de CO2 sont mécaniquement plus attractives : femmes enceintes (ventilation augmentée de 21 %), personnes de grande taille ou corpulence plus élevée (volume respiratoire plus grand), personnes en activité physique (respiration accélérée). C’est la raison principale pour laquelle les enfants sont souvent moins piqués que les adultes dans un même groupe : ils expirent simplement moins de gaz carbonique.

La chaleur et la transpiration : le guidage à courte distance

Une fois à moins de quelques mètres d’une cible, le moustique passe à la détection thermique et chimique. La chaleur corporelle attire, mais c’est surtout la composition de la sueur qui fait la différence. La sueur humaine contient des dizaines de composés volatils (acide lactique, acide urique, ammoniaque, acétone) dont les ratios varient selon le microbiome cutané de chaque individu.

Des recherches publiées dans la revue Current Biology (2022) ont montré que les personnes très attractives pour les moustiques présentent une concentration cutanée d’acides carboxyliques significativement plus élevée. Ces acides sont produits non par la peau elle-même, mais par les bactéries qui la colonisent. En d’autres termes, votre microbiome cutané est largement responsable de votre attractivité.

Le groupe sanguin : mythe ou réalité ?

Plusieurs études ont suggéré que les personnes de groupe sanguin O seraient plus attractives pour les moustiques que celles de groupe A. La piste repose sur la sécrétion d’antigènes de groupe sanguin dans les fluides corporels (statut sécréteur/non-sécréteur) et leur possible détection par les moustiques via les sécrétions cutanées.

Les données sont contradictoires selon les espèces de moustiques et les populations étudiées. Il n’existe pas de consensus scientifique solide. Le groupe sanguin est vraisemblablement un facteur mineur par rapport au microbiome cutané et à la production de CO2.

L’alcool : un aimant à moustiques

Une étude japonaise publiée dans le Journal of the American Mosquito Control Association a mesuré les taux de piqûres avant et après consommation de bière. Résultat : les personnes ayant consommé de l’alcool étaient significativement plus piquées. Le mécanisme n’est pas entièrement élucidé mais implique probablement l’augmentation de la température cutanée, la dilatation des vaisseaux et la modification de la composition de la sueur après absorption d’alcool.

Les vêtements sombres : un facteur souvent sous-estimé

Les moustiques utilisent également la vision à très courte distance pour repérer leurs cibles. Les vêtements de couleur sombre (noir, marine, bordeaux) constituent des cibles visuelles plus contrastées sur fond lumineux que les couleurs claires. En pratique, une chemise blanche ou beige réduit légèrement votre visibilité pour le moustique en approche finale.

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Peut-on modifier son attractivité ?

Le microbiome cutané est la piste la plus prometteuse : plusieurs équipes de recherche explorent l’idée de moduler les populations bactériennes cutanées pour réduire la production de composés attractifs. Des études préliminaires sur des probiotiques topiques ont donné des résultats intéressants, mais aucun produit grand public n’est encore disponible sur ce principe.

En pratique, les stratégies accessibles sont : éviter l’exercice physique intense en zones infestées (réduit la production de CO2 et de sueur), porter des vêtements clairs et couvrants, utiliser un répulsif cutané homologué. Aucun aliment, supplément ou remède de grand-mère (vitamine B, ail, Marmite) n’a démontré d’efficacité en essai clinique rigoureux.

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Pour aller plus loin

Sources : Current Biology (2022), Journal of the American Mosquito Control Association, CNRS, London School of Hygiene & Tropical Medicine.

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